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Dans un rapport publié en juillet dernier, la Cour des comptes déplore le manque de transparence et de suivi du programme « innovant » de réaménagement de sept places parisiennes (Bastille, Place des Fêtes, Gambetta, Italie, Madeleine, Nation et Panthéon) mis en œuvre entre 2015 et 2023 par la ville de Paris, dans le cadre d’un programme plus large de transformation de 22 « portes en places » dont la livraison est prévue en trois étapes : 2022, 2024 et 2030.
En premier lieu, la Cour déplore que « le bilanfinal du programme Sept places n’a[it] pas été présenté, comme prévu, en Conseil de Paris ». Une absence d’autant plus fâcheuse compte tenu de « la forte augmentation des crédits qui lui étaient initialement dédiés, passés de 30 à 50,9 millions d’euros, en raison notamment des changement intervenus dans le réaménagement de la place de la Bastille ».
En second lieu, la rue Cambon regrette que le plan global de transformation des « portes en places » n’ait fait l’objet « ni d’un suivi ni d’une évaluation d’ensemble ». La Cour relève que la ville « fait valoir la diversité des outils juridiques, des plannings et des sources de financement » pour en justifier, sans pour autant la convaincre : « Il semble étonnant qu’il n’existe pas de document répertoriant les portes dont l’aménagement est programmé et comprenant les caractéristiques techniques des travaux à mener ainsi que l’estimation financière prévisionnelle des sommes à leur consacrer ». D’autant plus étonnant quand « l’ensemble constitue une politique d’investissement dont le montant s’élève a minima à 523 millions d’euros pour la ville de Paris », ville dont les finances ne manquent pas d’inquiéter par ailleurs.
La Cour n’est pas plus tendre sur le fond, en relevant notamment que cette politique est « conduite dans le cadre d’un plan local de mobilités datant de 2006, dont la révision n’a été décidée que le 8 juin 2023, ce qui interroge sur la cohérence d’ensemble des réaménagements ainsi réalisés ou projetés, notamment du point de vue de la circulation automobile et de son report sur les collectivités limitrophes ». Et de pointer en particulier « la stratégie dite de ‘pincement’ de la voirie, parfois réduite à une file dans chaque sens pour entrer ou sortir de Paris » mise en œuvre par la ville. Un moyen de mettre Paris en bouteille ?
